Les enfants et les familles de la décharge
En juin 1994, 80 familles environ habitaient sur la décharge d'Aguazinha, à Olinda. En août, une vingtaine dentre elles ont pu déménager sur un terrain avoisinant, cédé par la commune, et y construire leurs baraques. Dautres familles ont suivi, dici et dailleurs, la grande majorité travaillant sur la décharge. Un bidonville est né: Jardim Brasil V. Il fallait d'abord pourvoir au besoin de nourriture et de médicaments. Avec la collaboration dune doctoresse amie, beaucoup denfants et d'adultes ont pu être vaccinés et soignés à domicile. En août 1995, grâce à notre intervention, un dispensaire a ouvert ses portes.
Malgré un projet dassainissement mis en place en 1998 par le gouvernement, les conditions de travail et d'environnement sur la décharge n'ont pas changé.
Les enfants malnutris
La nécessité dun centre de récupération nutritionnelle pour de nombreux petits enfants atteints de dénutrition nous a amenés, en mars 1996, à fonder une crèche et un mouvement avec pour nom Sal da Terra. Collaboration étroite avec le dispensaire dont le pédiatre suit chaque enfant. De notre côté, une aide-infirmière, une cuisinière, deux aides ménagères et une animatrice forment le personnel de la crèche qui fonctionne aussi comme cantine pour des enfants qui nont pas de quoi manger à la maison. La crèche Sal da Terra accueille chaque jour une trentaine denfants, de la naissance à lâge de 6 ans environ.
La scolarisation des enfants
En 1997, 11 enfants sétaient rétablis, mais les remettre à leur famille, cétait les renvoyer aux ordures, puisque, nétant pas en âge scolaire, les mamans les prendraient avec elles sur la décharge. Nous les avons inscrits dans une
école enfantine à côté de la crèche. Bientôt une trentaine d’autres petits se sont joints à eux.
En 1999, en raison du manque de place dans les écoles publiques de la région et face au désintérêt de la commune à ouvrir une école municipale dans le quartier, malgré toutes les démarches entreprises, nous avons créé un programme de
parrainages scolaires pour permettre à 50 enfants de plus de 7 ans de fréquenter une école privée. En 2003, la commune sétant finalement décidée pour lagrandissement de certaines écoles publiques, nous avons pu y inscrire tous les enfants. Certains parrains continuent à financer le matériel scolaire.
En août 2000, nous avons participé à un projet de
bourses-école, créé par lorganisation non gouvernementale Mission Enfant, ayant pour but de compenser le travail des enfants par lallocation dune somme mensuelle aux familles pauvres. En contrepartie, chaque maman a la responsabilité d'envoyer tous ses enfants à lécole, sans quoi la bourse lui sera retirée. 50 familles parmi les plus pauvres ont été choisies, 30 de Jardim Brasil V et 20 de Vila Manchete, un bidonville à proximité. Sal da Terra se charge de la bonne marche du projet et du suivi scolaire. Ce projet a pris fin en juin 2004, mais nous continuons daccompagner ces enfants.
La formation professionnelle des adolescents
Pour occuper et préparer les adolescents fréquentant lécole, mais livrés aux dangers de la drogue et de la délinquance une partie de la journée, en vue d'une formation professionnelle, nous leur offrons des cours de langues et dinformatique selon leur choix et leurs aptitudes. A partir de la fin de la 8e année scolaire, ils ont déjà la possibilité de recevoir une formation au centre professionnel de Recife, le Senac, reconnu pour offrir les meilleures chances dinsertion dans le marché du travail.
Lalphabétisation des adultes et le planning familial
Le projet des bourses-école a motivé les mères à apprendre à lire et écrire, puisque pour recevoir leur argent à la banque, elles devaient au moins savoir signer de leur nom. Cest ainsi qu'en septembre 2000 nous avons débuté des cours dalphabétisation, ouverts à toute personne du bidonville.
Avec la collaboration dune infirmière du dispensaire, nous avons organisé des cours de planning familial pour les femmes et les adolescentes. Linfirmière étant partie travailler à la maternité, cest là quelle accueille maintenant les femmes qui désirent faire la pose dun stérilet ou la ligature des trompes. Nous faisons le suivi de celles qui optent pour une autre méthode contraceptive.